Tawhid de la divinité · Le cœur du tawhid · N'adorer qu'Allah seul
C'est pour cela que les prophètes sont venus. Pas pour rappeler qu'Allah est le Créateur — l'humain le sait déjà. Mais pour rappeler une autre vérité, plus exigeante : n'adorer que Lui. Le tawhid de l'ulūhiyya est le cœur battant de toute la religion. C'est le sens même de lā ilāha illā-llāh. C'est ce que le sang des prophètes a défendu, ce que les bûchers d'Ibrāhīm n'ont pas éteint, ce que les épreuves de Muḥammad ﷺ ont fait briller. Là où la rubūbiyya est évidence, l'ulūhiyya est combat.
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« Nous avons envoyé dans chaque communauté un messager, pour dire : Adorez Allah et écartez-vous du ṭāghūt. »
Source : Coran, sourate an-Naḥl (16), verset 36
Cheikh al-ʿUthaymīn (raḥimahullah) répète sans cesse : le tawhid de l'ulūhiyya est celui pour lequel les messagers ont été envoyés et les Livres descendus. C'est le seul tawhid pour lequel les humains se sont divisés. Ils ont reconnu la rubūbiyya, mais ont refusé de diriger leur adoration vers Allah seul. Tout le combat des prophètes a porté sur ce point précis. C'est le sens premier de la chahāda et la condition d'entrée au Paradis.
Cheikh al-ʿUthaymīn explique : la chahāda contient deux mouvements :
Sans la négation, on n'est pas musulman ; sans l'affirmation, on est nihiliste. Les deux ensemble font la chahāda.
Une erreur fréquente : interpréter « lā ilāha illā-llāh » comme « il n'y a pas de Créateur autre qu'Allah ». Si c'était cela, les Quraysh auraient été musulmans — ils le confessaient. Le sens véritable : nulle divinité réellement adorée avec vérité hormis Allah.
Ibn Taymiyya (raḥimahullah) la définit ainsi : « L'adoration est un nom global pour tout ce qu'Allah aime et agrée — paroles et actes, intérieurs et extérieurs ». Et al-ʿUthaymīn divise :
« Dis : Ma prière, mon sacrifice, ma vie et ma mort sont à Allah, Seigneur des mondes — Il n'a pas d'associé » (al-Anʿām 162-163). Tout Lui appartient. Toute l'adoration Lui revient.
« Et Nous n'avons envoyé avant toi aucun messager sans lui révéler : Il n'y a de divinité que Moi, adorez-Moi donc » (al-Anbiyāʾ 25). De Nūḥ à Muḥammad ﷺ — un seul appel.
Cheikh al-ʿUthaymīn explique : c'est ce tawhid qui sépare le musulman du non-musulman. C'est ce tawhid qui décide du Paradis ou de l'Enfer. Le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque meurt sachant qu'il n'y a pas de divinité hormis Allah entrera au Paradis » (Muslim) — sachant vraiment, c'est-à-dire dans le sens d'n'adorer que Lui.
Le ṭāghūt n'est plus toujours une idole de pierre. Il peut être : une passion qu'on suit aveuglément, une opinion qu'on place au-dessus de la Révélation, un dirigeant qu'on obéit dans la désobéissance à Allah, un système qui légifère contre Sa Loi. S'en écarter est partie intégrante du tawhid : « adorez Allah et écartez-vous du ṭāghūt » — les deux ensemble.