Tawhid des noms et attributs · La voie médiane d'Ahl as-Sunna · Connaître Allah comme Il s'est fait connaître
Comment connaît-on Allah ? Pas par notre imagination — Il dépasse infiniment ce que nous pouvons concevoir. Pas non plus en niant ce qu'Il dit de Lui-même — c'est rester ignorants. La voie d'Ahl as-Sunna est claire et lumineuse : nous Le connaissons par ce qu'Il a dit de Lui, et par ce que Son Prophète ﷺ a dit de Lui. Pas plus, pas moins. C'est le tawhid des noms et attributs — le sommet de l'aqida, et le sujet central d'Al-Aqida Al-Wasitiyya.
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« Il n'y a rien qui Lui ressemble, et Il est l'Audient, le Clairvoyant. »
Source : Coran, sourate ash-Shūrā (42), verset 11 — le verset central d'Al-Wasitiyya
Cheikh al-ʿUthaymīn (raḥimahullah) place ce tawhid au sommet de la croyance. C'est par lui que le cœur connaît Allah, L'aime, Le craint et Le glorifie. Tout Al-Wasitiyya tourne autour de ce sujet : Ibn Taymiyya y détaille comment les Salaf affirment les noms et attributs tels qu'ils sont mentionnés, sans déformer, sans nier, sans questionner le « comment », sans comparer à la création. C'est la voie médiane — entre les négateurs et les anthropomorphistes.
Cheikh al-ʿUthaymīn explique : « laysa ka-mithlihi shayʾ » (rien ne Lui ressemble) répond aux anthropomorphistes qui Le comparent. « wa huwa as-samīʿu al-baṣīr » (Il est l'Audient, le Clairvoyant) répond aux négateurs qui dépouillent Allah de Ses attributs. Un seul verset, les deux extrêmes réfutés à la fois.
Ibn Taymiyya l'a formulée ainsi : « Ahl as-Sunna affirment ce qu'Allah a affirmé pour Lui-même et ce que Son Prophète ﷺ a affirmé pour Lui — sans tahrīf, sans taʿṭīl, sans takyīf, sans tamthīl ». Ces quatre règles sont le cœur d'Al-Wasitiyya, et seront détaillées dans un chapitre dédié à venir.
« At-tawqīf » signifie : on s'arrête là où la Révélation s'arrête. Cheikh al-ʿUthaymīn martèle : nous n'inventons pas un nom pour Allah, nous n'inventons pas un attribut pour Lui. Le langage sur Allah n'est pas une affaire de spéculation — c'est une affaire de transmission.
Tout autre cheminement — la philosophie, la métaphysique grecque, le rêve, l'inspiration personnelle — n'a pas de poids ici. La connaissance d'Allah ne s'invente pas, elle se reçoit.
« Et nulle fatigue ne Nous a touché » (Qāf 38). Nier la fatigue — c'est affirmer en creux la perfection de Sa puissance.
« Et ton Seigneur n'est pas injuste envers les serviteurs » (Fuṣṣilat 46). Nier l'injustice — c'est affirmer Sa justice parfaite.
Comme l'enseigne Cheikh al-ʿUthaymīn : toute négation dans le Coran contient en creux une affirmation. Nier une imperfection, c'est affirmer la perfection contraire. C'est ainsi qu'Ahl as-Sunna lit les versets de tanzīh.
Cheikh al-ʿUthaymīn rappelle que connaître les noms d'Allah change la manière de Le servir :
« À Allah appartiennent les plus beaux noms : invoquez-Le par eux » (al-Aʿrāf 180). Plus tu Le connais, plus tu L'aimes. Plus tu L'aimes, plus tu Le sers. C'est cela, le sommet de la foi.